Volley-ball: Interview avec la professionnelle Annie Appasamy-« Il y a un monde entre le volley pro et amateur »


08-May-2009

La professionnelle Annie AppasamyLa première professionnelle Seychelloise de volley-ball est rentrée pour se reposer avant de reprendre le chemin du retour en France. Annie a en effet signé un nouveau contrat d’un an avec son équipe, le Volley-Ball Tulle Naves de la Nationale 1 Féminine.

Forte de ses 30 ans et du haut de son 1,75m, Annie, qui a remporté des prix individuels et collectifs dans l’Océan Indien et sur le continent Africain, a accepté de nous parler de sa première saison pro à l’étranger.

Sports Nation : Comment s’est passé votre intégration et votre première année chez les pros ?

Annie Appasamy : J’ai été chanceuse d’avoir été recrutée par cette équipe qui a plusieurs joueuses de différentes nationalités. A mon arrivée j’ai trouvé dans le groupe une Camerounaise que j’avais déjà rencontrée en Algérie lors des Jeux Africains de 2007. Mon intégration s’est très bien passée et comme je parle le français, je n’ai pas eu de problème de communication.

Au début, c’était difficile, surtout à cause du froid. On s’entraîne deux fois par jour et on joue le week-end. L’entraîneur est très sérieux. Il n’hésite pas à hurler lors des sessions d’entraînement. Après un début assez difficile, l’équipe a connu une bonne fin de saison avec des victoires sur des scores de 3-0. Nous avons aussi battu la championne, Pays D'Aix Venelles V.B., qui jouera dans le championnat Pro A Féminin la saison prochaine.

Sports Nation : Etes-vous satisfaite de votre prestation et celle de l’équipe ?

Annie Appasamy : Oui, je suis satisfaite de ma prestation. Le volley-ball pratiqué chez les pros en France est différent de ce qu’on est habitué de voir aux Seychelles. Le jeu est plus rapide et j’ai pris un peu de temps à m’y habituer. Mon expérience du volley-ball et ma détente m’ont beaucoup aidée, surtout en attaque. Mais, j’ai retravaillé la réception du ballon parce que les services sont difficiles. Au début, je jouais réceptionneure/attaquante et maintenant je joue aussi attaquante principale. Le matin, quand je lis les journaux, je suis fière de voir mon nom cité parmi les meilleures joueuses de l’équipe.

Avant de venir en vacances, j’ai eu des entretiens avec les dirigeants de l’équipe et ils étaient satisfaits de ma prestation et de mes qualités physiques.

Sports Nation : Avez-vous prolongé votre contrat avec la formation Volley-Ball Tulle Naves ?

Annie Appasamy : Oui, j’ai prolongé pour encore une saison.

Sports Nation : Quel est votre objectif  comme volleyeuse et celui de votre équipe ?

Annie Appasamy : On jouera encore le maintien parce qu’il y a des joueuses qui ont quitté l’équipe et d’autres qui vont arriver. Notre capitaine brésilienne a pris sa retraite à l’âge de 36 ans. On ne connaît toujours pas l’identité de notre prochain entraîneur.

Cette saison, on ne s’attendait pas terminer sixième et on tentera de faire mieux la saison prochaine afin de participer aux play-offs pour la montée en Pro A Féminin. Le fait que j’ai eu un deuxième contrat professionnel prouve que j’ai les qualités nécessaires pour jouer à ce niveau.

Mon objectif personnel est de bien jouer et de rester forte mentalement pour relever des défis. A ce niveau, vous devez rester concentrée lorsque vous êtes sur le terrain, suivre et assimiler les consignes de l’entraîneur pour ensuite communiquer avec les autres joueuses. Toutes ces qualités m’ont aidée à hausser mon niveau de jeu et devenir une joueuse plus complète. J’espère pouvoir partager avec les jeunes Seychelloises ce que j’ai appris en France.

Les entraîneurs des autres équipes me demandaient souvent si j’ai joué dans d’autres championnats à l’étranger. Ils étaient surpris de ma détente. Ils voulaient aussi savoir s’il y a d’autres Seychelloises qui jouent bien au volley-ball et je les ai dit que nous avons une bonne équipe nationale.

Sports Nation : Pensez-vous donc que d’autres volleyeuses seychelloises peuvent jouer à ce niveau ?

Annie Appasamy : Bien sûr que oui. Mais elles doivent apprendre beaucoup de choses. Ça ne sera pas facile, mais elles doivent être prêtes à changer leur façon de jouer, faire beaucoup de sacrifices et suivre les conseils de l’entraîneur. La compétition est rude et on doit être forte psychologiquement pour surmonter la bonne défense au filet de l’équipe adverse. L’expérience compte beaucoup à ce niveau.

Sports Nation : Êtes-vous allée voir des matches du championnat Pro A Féminin et vos compatriotes masculins qui jouent en Pro B masculin ?

Annie Appasamy : Comme j’habite à 25 minutes en voiture de Brive, j’ai vu quatre ou cinq matches de cette formation qui renferme quatre Seychellois – Guy Valentin, Ricky Vel, Daniel Lozaique et Percy Riaze.

Les filles qui jouent en Pro A Féminin sont très grandes. Elles mesurent plus de 1m90 et elles respectent le système de jeu.

Chez les professionnelles, les petits détails comptent. Avant de partir en France, je savais que le service est très important en volley-ball.

Mais j’ai appris que le service et la réception comptent beaucoup dans ce sport. J’ai aussi appris à varier mon service pour déstabiliser la réception. Je suis consciente de ce que je fais et je suis plus calme sur le terrain.

Sports Nation : Recevez-vous parfois des nouvelles du volley-ball seychellois ?

Annie Appasamy : Je suis fan de mon ancienne équipe Cascade. Nathalie Agnes, Sandra Joseph, Samantha Eugénie et l’entraîneur Mike Ah-kong me donnent souvent des infos sur le volley-ball seychellois. Je pense que Cascade joue bien malgré mon absence et je pense que les filles doivent être satisfaites de ce qu’elles sont en train de réaliser ce dernier temps. Je suis contente que Cascade reste la deuxième meilleure équipe derrière Arsu.

Sports Nation : Financièrement, est-ce facile de gagner sa vie comme volleyeuse professionnelle ?

Annie Appasamy : Pour moi, je pense que oui. C’est mon club qui paie tout – le logement, les autres dépenses qui sont reliées et les impôts. Moi, j’achète à manger et mes habits. Gagner sa vie comme volleyeuse professionnelle dépend de chaque individu. Tu dois savoir ce que tu veux dans la vie. Je gagne bien ma vie et c’est la même chose pour des joueuses expérimentées. Le salaire dépend du niveau et de l’expérience de chaque joueuse. Si tu progresses, tu joues bien et que d’autres équipes s’intéressent à toi, ta valeur grimpe. A partir de là, tu peux négocier une augmentation de salaire avec ton équipe ou tu peux aller voir ailleurs où tu peux gagner plus.

Sports Nation : Comment se passe les sessions d’entraînement ? Y a-t-il une grande différence dans le style d’entraînement en France et celui que vous avez connu aux Seychelles ?

Annie Appasamy : On s’entraîne deux fois par jour, sauf le lundi, ceci à cause des déplacements ou les matches joués le week-end. Pendant les sessions d’entraînement, nous faisons beaucoup de répétitions, par exemple le service-réception dans des positions précises, et le bloc/défense. Nous travaillons les aspects importants du volley-ball.
 
Nous faisons aussi beaucoup de musculation. C’était difficile au début, mais maintenant je commence à voir des résultats positifs. Je me déplace plus rapidement sur le terrain, je frappe plus fort dans le ballon et je joue mieux même si je ne suis pas à 100% de mes moyens.

Sports Nation : Qu’attendez-vous de l’équipe nationale des Seychelles ?

Annie Appasamy : Je ne sais pas si je ferai partie de l’équipe. Mais si je suis appelée, je sais que je donnerais le meilleur de moi-même, même si je dois me re-adapter à la réalité du volley-ball amateur. Ce serait vrai pour n’importe quelle joueuse qui a quitté le pays pour faire carrière de pro. La différence est que chaque joueuse a un rôle sur le terrain et il n’y a personne qui joue le ballon à la place de l’autre.

Chez les professionnelles, il y a un système de jeu à respecter.

Sports Nation : Est-ce que les Seychellois pourront vous voir en action pendant vos vacances ?

Annie Appasamy : Je ne sais pas. Ça dépend de la Fédération seychelloise de volley-ball si elle décide d’organiser un match de gala. Mais, je continue à m’entraîner.

Sports Nation : Votre dernier mot.

Annie Appasamy : Je remercie tous ceux et toutes celles qui ont cru en moi et en mes qualités de volleyeuse. Pour moi, je suis une ambassadrice du volley-ball seychellois et de mon pays en France. Je suis certaine que d’autres filles seychelloises joueront à ce niveau dans le futur.

Propos recueillis par G. G.

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