Nigel Henri, trente ans après et toujours en vogue


20-June-2013

Les visiteurs admirant le travail de l’artiste-peintre Nigel Henri

Interpellé, il précède souvent sa réponse d’un grand éclat de rire. C’est en ces mots que l’on pourrait qualifier Nigel Henri, ou plutôt c’est dans cette façon que la virtuose aux fins coups de pinceaux presque gribouillés mais sûrs et profonds, se montre en public, assurant tout naturellement son auto promotion.

Nigel est en effet aussi son propre diplomate, un négociateur gentil mais aigu et agent de marketing sur et convainquant, ce qui lui a permis sans doute de se hisser parmi les artistes seychellois les plus réussis en top de liste de vente, aux Seychelles certes, mais surtout à l’étranger. Ses talents d’artiste hors norme combinés à de grandes qualités d’homme d’affaires, lui ont aussi permis depuis une dizaine d’années déjà, de faire le choix d’une vie d’artiste professionnel.

En tout cas, la silhouette longiligne de Nigel ne passe jamais inaperçue. Mais cette popularité, Nigel la doit surtout à sa carrière d’artiste-peintre qui a vraiment débuté au Service National de la Jeunesse (NYS) à l’époque. Après être passé par l’Ecole des Arts de la Polytechnique, la période d’apprentissage mêlée de réalisation de ses premiers grands tableaux a cumulé avec l’obtention d’un degré en art plastique à l’Université de Sussex en Angleterre.

Mais la passion de Nigel pour l’art plastique a commencé bien au delà de ces 30 années, comme le témoigne son frère cadet Gervais :

« Ça a vraiment commencé avec l’émission hebdomadaire « Ecoutez et Dessinez » à la Radio Seychelles au début des années 80. Il fallait écouter une chanson et puis peindre un tableau basé sur les paroles. Nigel remportait pratiquement un prix chaque semaine. Comme il fallait soumettre un seul tableau, parfois il en envoyait un à mon nom et les deux étaient gagnants ».

Gervais raconte aussi comment la force du talent de son frère a poussé leurs parents, séparés, à recommencer à se parler pour discuter des grandes qualités de leur fils, et comment Nigel, alors encore étudiant, a soutenu la famille avec les recettes de la vente de ses premiers tableaux.

Avec la collaboration du confectionneur de bijoux ‘Jouel’, c’est dans la forme d’une exposition baptisée ‘30 years on’ ouvert jusqu’au 28 juin prochain à la Kenwyn House à Victoria, que Nigel a décidé de fêter ses trente ans dans la peinture. Mais le titre de l’expo peut être trompeur pour un visiteur ne connaissant Nigel et son parcours. Car à vrai dire, le style n’a pas vraiment changé en trente ans même si les plus anciens tableaux de scènes de Marché de Victoria contrastent légèrement avec l’abstraction des plus récents canevas.

Malgré qu’en trente ans l’artiste a muri avec l’art de son pays, comme l’a d’ailleurs bien fait remarquer le Ministre du Tourisme et de la Culture, M. Alain St Ange, Nigel est resté fidèle à son style unique. Finalement, si les traces de pinceau forment des lignes abstraites et le jeu et mélange de couleurs des formes originales, les objets, dominés par la mer et le poisson, sont distinctivement ceux de la nature seychelloise.

Pour le ministre St Ange (à gauche) Nigel est resté fidèle à son style unique

En tout cas « 30 years on» montre que Nigel est toujours en vogue et voyage allègrement, interminablement sur sa belle route colorée d’acrylique. Artiste polyvalent et multi talentueux qui est aussi passé par le théâtre et la photographie avant de devenir un des premiers graphistes du pays, s’est fixé deux prochains défis :
 
Participer à une exposition à Marseille en France, et lancer un livre avec la collaboration du Conseil National des Arts. Que le bon vent pousse notre étoile filante à bien d’autres horizons enluminés !

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