Mission d’expertise sur le site de Mont-Buxton : des risques imminents pour certains habitants


31-October-2015

 

 

 

Quelle stratégie pour réduire ces risques ?

Nous avons accompagnés la division de la gestion des risques et des catastrophes des Seychelles (DRDM) sur le terrain, hier, avec un expert de la Réunion sur le site de Mont-Buxton. C’est le dernier éboulement recensé depuis le 13 octobre 2015.

Cette division est rattachée au Ministère de l'Environnement, de l’Energie et du Changement Climatique. Faisant suite à la demande de ce ministère, la préfecture de la Réunion, appuyée par l’Ambassade de France aux Seychelles, a dépêché, Bertrand Aunay, ingénieur du Bureau de Recherche Géologique et Minières (BRGM), à Victoria pour une mission-diagnostic de risques géologiques. Expert dans ce domaine à la Réunion, pour la route du littoral, par exemple, le BRGM partage son expérience et a fait un diagnostic de gestion des risques sur le site de Mont-Buxton.

Dans un premier temps, M. Aunay, a recensé les causes d’instabilités du terrain, puis évalué les risques résiduels et enfin établi des recommandations en matière de sécurisation. Historiquement, sur le site de Mont-Buxton, aucun autre éboulement n’avait été signalé à la DRDM. Les riverains avaient informé, en urgence, la DRDM le 13 octobre 2015, car l’éboulement était très proche des habitations. Selon l’expert, environ 20m3 de blocs de roches, soit environ 48 tonnes, ont déboulé la pente en direction de maisons en contrebas.

En effet, celles-ci sont placées dans le couloir de propagation de 5 mètres de large et de 45 mètres de longueur environ. Avec une zone de départ, d’une falaise de 8 mètres de haut et de 10 mètres de large, la pente, dirigée vers les maisons, a une inclinaison de 45 degrés. Ce qui veut dire, que des blocs de roches de 12 tonnes peuvent dévaler sur cette pente, à toute vitesse et à tout moment. Ce qui place les trois premières habitations, identifiées dans ce couloir, en ligne de mire de prochains éboulis lors de fortes précipitations de pluie.

Cette fameuse zone de départ est très altérée et fissurée avec la présence de blocs instables et d’arbres. L’arrêt de l’éboulement a eu lieu à proximité des habitations, sans faire de victime et détruisant juste un poulailler. La question se pose, sur cette zone active en phénomène gravitaire, au niveau des consignes et de la sécurisation du site.

Le directeur général de la division de la gestion des risques et des catastrophes (DRDM), Paul Labaleine, a réuni toute son équipe, en présence du Ministre des Affaires Sociales, du Développement Communautaire et des Sports, Vincent Meriton, du responsable du service des logements du Ministère du Logement et de l’Aménagement du territoire, du responsable exécutif de Seychelles Planning Authority, Gérard Hoareau, pour assister dans l’après-midi au compte-rendu de l’expert afin de savoir quelles sont les actions à mettre en œuvre.

Cette situation, délicate, nécessite une gestion sociale et humaine des habitants à déplacer provisoirement pour pouvoir effectuer des travaux de sécurisation. En tout cas, c’est la recommandation prioritaire, à l’issue ce premier diagnostic. Pour continuer à réduire les risques, la zone instable est à baliser. Puis, à court terme, une réflexion collégiale avec tous les ministères et organisations concernées est à mener. La protection des autres habitations de la zone est aussi à prévoir. La réalisation de travaux de sécurisation a ouvert le débat sur l’approche technique à avoir : faut-il purger les blocs ? Elaguer les arbres ? Poser des filets plaqués ? Tout ceci, dans quel ordre ?

En tout cas, M. Labaleine est en train de préparer, avec son équipe, la stratégie à adopter en collaboration avec l’expert présent. Le ministre Meriton s’organise pour le relogement éventuel des habitants en partenariat avec le responsable du service des logements. La semaine prochaine, le projet global de sécurisation du site sera présenté au cabinet du Président James Michel.

 

 

 

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