Contamination du patrimoine papier aux Seychelles


29-January-2016

 

 

 

 

 

Quelle est la cause de contamination de la bibliothèque nationale, des archives et des centres de documentations aux Seychelles ?

Des experts français, à la recherche du mode de contamination des collections des Seychelles, sont à pied d’œuvre, depuis 5 jours, pour essayer de déterminer la ou les causes potentielles ? Et, après les premiers résultats, apporter les recommandations nécessaires.

A la demande du Ministère du Tourism et de la Culture, en particulier du département de la culture, sous la responsabilité du secrétaire général, Benjamine Rose, une délégation française de trois experts est en mission aux Seychelles du 25 au 30 janvier 2016.

Elle est composée de Marie-Dominique Parchas, chargée de mission pour les questions de conservation du service interministériel des Archives de France ; de Faisi Bousta, responsable du pôle scientifique de microbiologie au laboratoire de recherche des Monuments Historiques et de Stéphane Moularat, responsable du secteur de métrologie des aérocontaminants du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment. L’équipe est sous l’égide du ministère français de la culture et de la communication.

Cette mission décline deux volets importants. Tout d’abord, la formation du personnel de la bibliothèque nationale, des musées, des archives et des centres de documentation des Seychelles sur la conservation. Puis, la recherche de solutions au problème de contamination par les experts.

Hier, la délégation française et les autorités seychelloises se sont rencontrées à l’Ambassade de France, à la Ciotat, à Mont Fleuri,  pour discuter des premiers résultats et de solutions possibles.

« La reine de Suède en 1682, avait dit, le passé c’est ton passeport pour l’avenir. Donc, la conservation des archives est la clé de l’avenir. C’est pour cela que la détermination de la cause de cette contamination est primordiale. Elle touche au papier, au sens large, et à la santé du personnel », a souligné l’Ambassadeur de France aux Seychelles, Lionel Majesté Larrouy.

En présence de Richard Touboul, attaché culturel du ministère du tourisme et de la culture des Seychelles, du directeur général de la culture, M. Rosalie, du responsable de l’encadrement de la culture, Julius Benoit, les experts ont partagé les premiers résultats.

« La problématique est complexe, les premières investigations démontrent l’absence d’activités biologiques. Il n’y donc pas de détection de moisissures importantes. Si elles existent, elles sont bien localisées et ne représentent pas le problème majeur. La source de contamination est ailleurs  », selon Faisi Bousta, d’un point de vue microbiologique.

« Je soutiens mon collègue. Il n’y a pas de problème majeur de moisissures. Le bâtiment le plus touché, celui de Providence est plus concerné par des infiltrations. Les collections sont saines. Les travaux à réaliser recouvre plus le traitement de l’air. Le papier acide, fortement jauni, stocké dans des armoires fermées, est source de polluants. La solution la plus simple est le renouvellement de l’air et la ventilation. Nos règles européennes ne sont pas adaptées. Il faudrait un système basé sur un climat tropical », a partagé la chargée de mission Marie-Dominique Parchas.

« Il pourrait exister une éventuelle pollution chimique. Les prélèvements effectués sur les différents sites vont être analysés en France. Les premiers résultats et les interprétations ne seront connus que dans deux mois. Pour le moment, nous continuons des expérimentations sur site. La relation possible entre les moisissures et les allergies reste une probabilité et n’est pas une certitude. C’est mon premier cas de ce type. Les personnes se sentent mal par rapport à quelque chose d’invisible. C’est un vrai défi scientifique et il y a là un côté inhabituel. Cela reste complexe. Ce n’est pas un problème de moisissures, ni de gestion ou de conservation. Il y a une  voie en commun : est-ce que le bâtiment est sain ? Pour le moment, attendons les données scientifiques, puis nous ferons des propositions en fonction des résultats », a souligné Stéphane Moularat en charge de la partie technique liée au bâtiment.

Ainsi, les portes de la bibliothèque nationale restent fermées selon son responsable. C’est une véritable enquête de Sherlock Holmes qui démarre sur l’origine de cette contamination. Restez patients et informés, les résultats arriveront dans deux mois.

 

 

 

 

 

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