Le secrétaire général désigné de la COI en visite privée aux Seychelles-« L’avenir, ce sont les pays insulaires »


31-May-2012

M. de l’Estrac à gauche, et le ministre Jean-Paul Adam lors de la rencontre avec la presse

Il a rencontré mardi le Président James Michel à State House, et s’est par ailleurs entretenu avec le ministre des Affaires Etrangères, Jean-Paul Adam, qui assure actuellement la présidence ministérielle de la COI, ainsi que le ministre du Tourisme et de la Culture, Alain St Ange.

M. de l’Estrac, qui a été journaliste avant d’être successivement député, Maire de Beau Bassin-Rose Hill et ministre des Affaires Etrangères de son pays, est un des co-fondateurs de la COI, il y a 28 ans, avec Maxime Ferrari, Callixte d’Offay et autres.

Lors d’une rencontre avec des journalistes à la Maison Quéau de Quinssy, il a rappelé qu’après avoir été nommé chef de la diplomatie mauricienne en août 1982, il s’est rendu une semaine après aux Seychelles et à Madagascar, ceci pour souligner sa «passion pour la coopération régionale».

« Pour moi, la région devait passer avant», a-t-il dit.
Les fondations de la COI étaient jetées quelques semaines plus tard lors d’une visite de l’ancien Président France Albert Rene à l’Ile Maurice, qui avait au nombre des fonctionnaires qui l’accompagnaient un certain Callixte d’Offay qui dirige en ce moment le Secrétariat général de la COI. 

Concernant justement le mandat de son prédécesseur qui doit en principe lui passer le témoin en juillet prochain, Jean-Claude de l’Estrac a estimé qu’un bon travail d’analyse et de mise en place de programmes a été effectué et que M. d’Offay laissait à la COI « un héritage fort».

Il a qualifié son séjour seychellois de «reprise de contact avec des amis de longue date », avant de se pencher sur les perspectives de développement de la sous-région.

Au cours de cette rencontre avec les medias, M. de l’Estrac s’est en effet félicité de la proximité de vue constatée sur les objectifs et les ambitions de la COI, lors de ses entretiens avec le Président Michel et les Ministres Adam et St Ange.

Dans ce contexte, il a estimé que les pays de la sous-région doivent développer davantage le commerce intra régional et le tourisme pour assurer entre autres la sécurité alimentaire.
 
Il en est également des liaisons aériennes et des lignes maritimes nécessaires afin d’accroître les échanges inter-îles qui restent encore insuffisants.

Il a estimé qu’un pays comme Madagascar, pouvait assurer la sécurité alimentaire dans la sous-région par la mise en valeur des vastes terres fertiles dont elle dispose, contrairement aux autres îles qui sont plus petites et peu nanties en terres cultivables.
 
Même si l’Ile Maurice  peut se vanter déjà de l’autosuffisance en pomme de terre et a commencé la riziculture avec succès.

Il a ainsi souhaité que la Grande Ile retrouve rapidement la stabilité politique et la paix sociale requises pour jouer le rôle majeur qui est le sien au niveau de la sous-région qui compte près de 20 millions d’habitants.

M. de l’Estrac qui a été, à un certain moment, pressenti comme président de la république de l’Ile Maurice - une nomination qui ne s’est pas réalisée «à cause d’un accident de circonstance» -  a estimé que «les pays de l’avenir sont les pays insulaires », en raison des ressources extraordinaires que renferme l’empire marin qu’ils forment. En d’autres mots, l’économie bleue, non pas seulement la pêche, mais aussi les nodules polymétalliques, l’éolien marin pour la production de l’énergie.

«Tout cela va se développer dans l’avenir », a-t-il dit.
Concernant le secteur du tourisme, il a plaidé pour une mutualisation des efforts car il estime qu’il y a une complémentarité entre nos îles.

A cet égard, il a estimé que chacune des îles avait des atouts différents comme les plages, les  récifs coralliennes, les montagnes, les cirques, « même si au point de vue culture, nous sommes tous des îliens ».

« Nous devons voir entre nous une complémentarité, plutôt qu’une relation conflictuelle », a insisté le nouveau Secrétaire général désigné de la COI.

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