Président James Michel donne le coup d’envoi du 28ème Conseil de la COI-« Un moment d’espoir et de partage »


18-January-2013

 

Le Président Michel s’adressant aux délégués lors de la cérémonie d’ouverture

S’adressant au Vice-Président Danny Faure, aux ministres des Affaires étrangères des paysmembres de la COI – Maurice, Madagascar, La Réunion, Comores et les Seychelles, au Secrétaire Général de la COI M. Jean-Claude de l’Estrac, aux représentants des partenaires économiques et aux autres invités, le Chef de l’Etat Seychellois a déclaré que ce conseil ministériel se situe à un moment particulier, et ceci pour une double raison.

D’abord, il se déroule quelques semaines seulement après la célébration des 30 ans de la coopération de la COI.
 
« Trente ans de foi et de bonne foi au service de la coopération inter-îles.

 Trente ans qui nous renvoient au parcours d’hommes et de femmes qui ont su porter jusque-là, la juste cause et le noble combat qui ont contribué à renforcer notre démarche commune vers un océan prospère et de paix », a dit le Président Michel.

M. Michel retient également que janvier 2013 consacre les 29 années d’existence de l’Accord de Victoria.

 « En décembre 1982 a résonné à Maurice l’appel du cœur et le 10 janvier s’est posé à Victoria l’Acte de la raison. »

Le Président Michel s’adressant aux délégués lors de la cérémonie d’ouverture

Le Président Michel a, par ailleurs, estimé que 30 années après, nous sentons bien au plus profond de nous-mêmes la nécessité d’un nouvel élan, d’une nouvelle impulsion, si nous voulons que la COI soit à l‘avant-garde sur un certain nombre de dossiers.
 
Le Chef de l’Etat pense particulièrement aux énergies renouvelables, au tourisme, à la connectivité maritime et aérienne, et surtout à l’économie bleue.

 Il estime que l’océan que nous partageons est un nouvel  « Eldorado énergétique, un formidable gisement de matières premières pour les innovations de demain. »

« Bâtir sur les immenses potentiels de la mer n’est pas une option, mais un impératif.

 Un impératif qui nous invite à utiliser ce qui est localement disponible, qui ne produit pas d’effets secondaires, et qui, au lieu de coûter plus cher, assure la compétitivité et l’augmentation de la productivité, tout en créant des emplois, » a ajouté M. Michel.

Photo de famille des invités et des délégués

Le Président Michel a déclaré que la COI doit continuer à se projeter sur les ensembles régionaux plus vastes. Apres la SADC, le COMESA et d’autres, la COI doit s’articuler aussi à l’Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation.
 
Il a constaté que les transports constituent pour nos îles la problématique majeure de notre organisation géographique, étant donné qu’avec deux modes de transports exclusives – l’aérien et le maritime – la tâche n’est pas facile.

« Mais, combien restent primordiales la mise en place d’un système de cabotage et d’une ligne aérienne régionale, non seulement pour l’attrait de notre région, mais également pour l’essor du commerce, du tourisme et des échanges économiques entre nos îles.

Le Président Michel a finalement salué la décision du président de la Transition malgache, M. Andry Rajoelina, et de l’ancien président en exil, M. Marc Ravalomanana, de se retirer de la course présidentielle, ce qui doit permettre à la Grande Ile de plus facilement retrouver la normalité constitutionnelle.

Il a ajouté que c’est une décision qui les honore et qui marque une avancée significative dans la résolution de la crise.

« Je m’en réjouis d’autant qu’elle vient en droite ligne de la double médiation que les Seychelles ont abritée à Desroches et au cours desquelles, pour la première fois, les deux personnalités malgaches ont pu parler en tête à tête et à huit clos.

Le Ministre seychellois des Affaires étrangères, M. Jean-Paul Adam, qui est également le président sortant de la COI, a déclaré que pendant son mandat d’une année à la tête de l’organisation, en plus des actions en faveur de Madagascar, les Seychelles ont focalisé l’attention sur 5 axes stratégiques :
1. La sécurité maritime ;

2. La revitalisation des décisions importantes du Colloque de Victoria en 2008, et le positionnement de la COI ;

3. Travailler pour faire accepter un traitement différencié des Petits Etats insulaires en Développement auprès des grandes institutions internationales ;

4. Renforcer nos partenariats notamment par l’obtention d’un statut d’Observateur auprès de l’Union Africaine (UA) et des Nations Unies (ONU) ; et
5. Favoriser le développement  de la coopération commerciale et du transport inter-îles.

M. Adam a estimé qu’un travail appréciable a été abattu pour faire de la COI une organisation régionale crédible sur laquelle nous pouvons désormais compter pour faire entendre la voix de nos différentes îles dans le dialogue international sur les questions d’environnement, d’énergies renouvelables, de la pêche et de l’économie bleue, dans une perspective de développement durable.

Il a souligné que forte de son statut d’observateur auprès de l’ONU et l’UA, la COI se positionne désormais  comme chef de file des défenseurs des intérêts des Petits Etats Insulaires en Développement.

C’est dans ce contexte, a déclaré M. Adam, que la COI a contribué au dialogue et aux politiques menés dans le cadre du projet ISLANDS, et ainsi contribué d’une manière significative à la Conférence des Nations Unies RIO+20.

Le Ministre comorien des Relations extérieures, M. Mohamed Bikri Ben Abdoulfatah, qui succède à M. Adam à la tête de la COI pour un an, a signalé que l’organisation vient d’acquérir de nouveaux locaux à Ebène Cybercity, Maurice, et qu’un nouveau Secrétaire Général, M. Jean-Claude De l’Estrac, vient de prendre fonction il y a six mois.

M. Ben Abdoulfatah a déclaré qu’une proposition d’augmentation du budget de l’organisation est projetée.

Quelques 40 projets de coopération et de développement ont été engagés au cours de ces 30 ans. Ils représentent une valeur de 200 millions euros.

 Plus de 20 millions euros sont engagés pour les projets en cours 2012-13.

La COI compte plus d’une dizaine de partenaires, dont l’Union européenne, l’Agence Française de Développement, la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale ainsi que des pays tels que la Chine et l’Australie.

Les cinq Etats membres comptent une population de 25 millions de personnes.

Les 200 îles de Madagascar, Maurice, Comores, Reunion et Seychelles couvrent une superficie de 595 000 kilomètres carrés de terre émergés et 5,5 millions de kilomètres carrés de zone économique maritime.
 
Jeudi soir, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la COI ont rendu une visite de courtoisie au Président Michel à State House avant de clôturer les travaux.

Nous reviendrions sur la visite de courtoisie et la clôture des travaux dans une de nos prochaines éditions.

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