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Domestic

Elections générales à l’île Maurice | 08 November 2019

Les Mauriciens ont voté !

 

Les Mauriciens se sont rendus aux urnes hier (7 novembre) pour élire les 60 députés de l’Assemblée Nationale de leur pays. Si le combat se résumait entre deux alliances, L’Alliance Nationale menée par Navin Ramgoolam, leader du Parti Travailliste ; et L’Alliance Morisien, dirigée par le Premier ministre sortant, Pravind Jugnauth ; le Mouvement Militant Mauricien, avec Paul Bérenger à sa tête, entendait bien se mêler à la lutte finale. Tout comme les nombreux nouveaux partis qui ont fait leur apparition sur l’échiquier politique dernièrement ainsi que de nombreux candidats indépendants.

Ainsi, 100% Citoyens, Reform Party, Le Parti Kreol Morisien, L’Alliance Lespwar, et les petits partis traditionnels tels que Lalit de Lindsey Collen, et Les Verts de Sylvio Michel, sont venus défier les grands partis sur leur terrain de prédilection.

Seychelles NATION a reçu une analyse générale de la situation du Mauricien Sedley Richard Assonne, journaliste et écrivain. Si les élections se sont déroulées en général dans le calme, un grave incident est venu ternir ce scrutin. A savoir dans la circonscription N0.3 (Port Louis Maritime et Port Louis Est), où Anwar Husnoo, député de la région et ancien ministre sortant de la santé, a eu une prise de bec avec des électeurs, marchands ambulants de profession. Ces derniers n’ont pas oublié le traitement reçu aux mains du gouvernement sortant, qui leur a rendu la vie difficile, et l’un d’entre eux a giflé l’ancien ministre. La police a dû le réfugier dans une salle de classe, pour éviter que les choses dégénèrent.

Autre incident à signaler est le fait que nombre d’électeurs n’ont pu accomplir leur devoir civique. On parle de 11 000 votants qui ont été privés de ce droit, du fait que leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales, compilées par l’Electoral Supervisory Commission (ESC) et la Commission Electorale. Ces deux organismes nient tout « faute » ou « erreur » de leur part. Tandis que ceux qui se sentent lésés parlent d’avertir la police et les observateurs étrangers de la SADC et de l’Union Européenne, qui supervisait cet exercice.

Autrement, ce fut le calme plat dans les vingt circonscriptions du pays. Avec l’habituel folklore des voitures qui sillonnent les villes et villages, les oriflammes colorés et les agents aux abords des écoles, où votent les Mauriciens. Cette année, il y a eu un petit chamboulement dans cet exercice, les élections coïncidant avec les examens de la School Certificate et de la Higher School Certificate. Il a fallu réaménager des salles de vote, dans des aires de sport, comme au gymnase Pandit Sahadeo, à Vacoas. Car, des salles de classe étaient bloquées pour les examens.

On dénotait un total de 941 719 électeurs inscrits. Et tout laisse croire qu’il y aura un fort taux d’abstention, beaucoup ayant préféré rester chez eux pour profiter de ce jour férié dans l’île. Rappelons qu’outre les 60 députés élus, il y a aussi les postes de Best Losers à pourvoir, et qui prend en compte les « meilleurs perdants » sur une base ethnique, pour contrebalancer justement la communauté n’ayant pas bénéficié d’un bon pourcentage à ces élections. Hérité du système colonial Anglais, le système First Past The Post privilégie le parti ayant récolté la majorité, mais pas nécessairement le meilleur pourcentage. Ainsi, en 1976, bien que sorti vainqueur, le MMM ne forma pas le gouvernement, remplacé par une coalition regroupant le Parti Travailliste et le Parti Mauricien Social Démocrate. Les derniers statistiques publiées sur le site officiel du Bureau de la Commission Electorale de Maurice, à l’heure du bouclage de notre journal, seulement 69.88% des Mauriciens, soit 658 109, se sont rendus aux urnes.

Qu’en sera-t-il cette année ? Les résultats seront connus en fin d’après-midi aujourd’hui (8 novembre). Et le parti gagnant aura dix jours pour former son gouvernement. On parle de « Hung Parliament », situation où aucun parti n’aurait eu la majorité requise. Dans le cas où cela s’avère, la situation serait cocasse, car les deux alliances et le MMM ne s’entendent pas. Y-aurait-il quand-même une coalition ? Ou verra-t-on un raz-de-marée du Parti Travailliste et du MMM, donnés favoris ? La réponse cet après-midi !

 

Propos recueillis par Vidya Gappy

 

 

 

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