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Nous ne voulons plus jamais vivre une guerre mondiale | 15 June 2020

Nous ne voulons plus jamais vivre une guerre mondiale

L’Ambassadeur Sylvestre Radegonde à Berneval Le Grand

● Il faut dire stop à l’esclavage, au racisme et aux violences

 

Le monde vient de vivre une semaine exceptionnelle ! Chacun espère dorénavant que la vie d’après sera bien meilleure que la vie d’avant. A la suite d’un très long combat qui n’a que trop duré pendant plusieurs siècles, et une bavure policière à Minneapolis qui a provoqué une montagne d’émotion, la condition des citoyens de couleurs noire semble enfin pouvoir évoluer de façon positive.

Le 6 juin dernier marquait le 76ème anniversaire du débarquement des troupes alliées sur les plages de Normandie.

En chassant l’ennemi hors du sol français, les soldats anglais, américains et canadiens blancs et noirs allaient écrire une nouvelle page des relations tumultueuses entre la France et l’Allemagne qui avaient débutées par une guerre en 1870 puis une autre entre 1914 et 1918 et se poursuivre par un épouvantable conflit entre 1939 et 1945.

Ces guerres ont provoqué des millions de morts des deux côtés de la frontière. A cette époque, près de la moitié des pays de la planète était en conflit. Nos grands-parents et parents nous ont souvent évoqués ces combats farouches et inhumains qui allaient laisser des traces presque indélébiles dans la population. Quelques années après les hostilités et la signature d’un armistice le 8 mai 1945, les rancœurs étaient encore bien vivaces.

Plusieurs évènements devaient transformer les états d’esprit souvent haineux.

La création de l’Union Européenne, avec d’abord six nations, l’Allemagne, la Belgique, la France, la Hollande, l’Italie et le Luxembourg allait favoriser les échanges économiques et apporter la sérénité entre les peuples. Le rapprochement des deux chefs d’Etat allemand et français, Helmut Kohl et François Mitterrand a été très important pour l’avenir de la paix.

Le fait de se rencontrer au tour d’une table a facilité le dialogue, le respect et surtout l’envie d’élaborer des projets en commun, ce qui fût fait.

 

Les Seychelles présentes à la fête de la libération du Fidelaire

 

Toutes les villes et les villages de Normandie n’ont pas été libérées le même jour. Le 19 août 2019 le village du Fidelaire, près d’Évreux, dans le département de l’Eure, avait invité l’Ambassade des Seychelles à Paris pour célébrer le 75ème anniversaire de sa libération. Ce fût également l’occasion d’honorer les trois soldats Seychellois enrôlés dans l’armée anglaise et morts au combat. Jean Claude Dufossey le Maire de la ville avait accueilli Ralph Agrippine le Ministre Conseiller Seychellois. Une magnifique exposition sur les Seychelles était proposée au nombreux public. A côté du matériel et des équipements de guerre, les œuvres de Jean Michel Van Der Hasselt, l’un des plus grands photo-reporters de France ont attiré tous ceux qui aiment les Seychelles.

Persuadé que l’avenir de la paix devait passer avant tout par la jeunesse, le Maire du Fidelaire proposa un jumelage, d’abord épistolaire, entre une école d’enfants âgés de dix à quatorze ans et un établissement scolaire Seychellois de niveau identique. Ce projet qui a été accueilli avec beaucoup d’intérêt devrait aboutir en cette année 2020.

La pandémie actuelle a modifié le calendrier des célébrations. Les fêtes du débarquement du 6 juin mondialement connues ont été organisées devant une assistance restreinte afin de respecter les gestes barrières sanitaires. La Normandie, haut lieu de la dernière guerre mondiale, ces plages du débarquement et ses musées est restée orpheline de ses touristes qui d’habitude sont plusieurs millions à se déplacer pendant la saison estivale.

En août prochain, si la situation sanitaire s’est améliorée, l’Ambassade des Seychelles sera de nouveau invitée au Fidelaire mais également dans les villes de Dieppe, Berneval Le Grand et le Petit Caux qui mènent beaucoup de relations d’amitié avec nos îles.

En mars dernier les élections municipales ont été organisées mais les heureux élus ont dû attendre début juin afin d’intégrer la mairie et réunir le Conseil Municipal. Tous les amis des Seychelles ont été élus comme Patrice Philippe au Petit Caux, Alain Duc à Berneval le Grand, Virginie Lucot Avril à Aumale et Jean Claude Duffossey au Fidelaire.

Beaucoup d’autres comme Dominique Baudry à Granville sont en bonne position pour accéder ou se succéder au poste de maire de leur commune.

 

Des millions de manifestants pour George Floyd

 

Depuis le 25 mai, date de l’assassinat de George Floyd, un afro américain, tué par un policier blanc, des manifestations contre les violences policières et le respect des gens de couleur noire ont été organisées dans toutes les grandes villes des États-Unis. Progressivement les Américains de couleur blanche étaient de plus en plus nombreux à défiler avec leurs amis noirs afin de réclamer plus de justice et surtout mettre un terme à ces actes de méchanceté provoquant la mort de ces innocents arrêtés sans raison.

Les rassemblements spontanés de protestation et de soutient ont été organisés dans 150 pays des cinq continents par des noirs et des blancs associés dans le même combat. Michael Jordan, l’un des plus grands basketteurs de l’histoire a offert cent millions de dollars afin d’aider à mettre fin au racisme contre les noirs et souhaite que Colin-Kaepernick soit réhabilité. En effet Colin-Kaepernieck est ce joueur de football américain, l’un des plus grands de son sport, à avoir posé un genou à terre pour protester contre le racisme et les violences policières pendant l’hymne national des USA.

Aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968, Tommie Smith et John Carlos, premier et troisième du 200m en athlétisme, ont levé le poing ganté noir lors de la cérémonie protocolaire et pendant l’hymne national américain.

Ce geste fût sanctionné par le Comité Olympique américain qui décida d’exclure les deux médaillés d’or et de bronze. Ces athlètes habillés avec des chaussettes noires et tête baissée lors de la montée du drapeau ont été exclu immédiatement des Jeux et furent obligés de quitter le village Olympique. Malgré tout, ces grands sportifs humanistes avaient atteint leur but en sensibilisant le monde à la cause de la lutte du racisme contre les noirs. Le comité Olympique en sanctionnant les athlètes par l’exclusion ne s’était pas souvenu que dans les statuts du CIO, les sportifs de toutes les couleurs de peau et de toutes les religions avaient le droit de concourir ensembles sans discrimination.

 

Toutes les célébrités touchées par le racisme

 

Le Baron Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux Olympiques, considérait que même pendant la guerre, les Jeux ne devaient pas s’arrêter et surtout permettre à tous les sportifs de participer aux compétitions sans la moindre discrimination.

Le grand boxeur, Mohammed Ali refusa d’aller combattre au Vietnam avec l’armée américaine. De ce fait les États-Unis destituèrent le champion du monde des poids lourds et le condamnèrent, « comme récompense », à trois ans de prison.

Nelson Mandela est l’exemple même de la volonté de réussir à faire cesser l’apartheid dans son pays, l’Afrique du Sud. Après 27 ans passés en prison, Nelson a réussi à obtenir l’égalité entre noirs-blancs et le droit de vote pour tous les citoyens, ce qui lui permit d’accéder largement à la Présidence de la République et de mener des réformes indispensables pour obtenir l’égalité pour tous sans exception.

L’immense chanteuse noire américaine, Nina Simone voulait, lorsqu’elle était encore enfant, apprendre et devenir une grande pianiste classique. Malheureusement, le directeur de l’école de musique de son quartier était blanc et lui barra l’accès au piano. Déçue Nina a décidé de se mettre à la chanson. Tous ces succès planétaires ont donné à cette artiste gloire et richesse. Avec cette audience internationale, Nina eu la surprise de recevoir un jour par la poste, un diplôme à son nom rédigé par le directeur de l’école de musique de son quartier. Un geste de reconnaissance, de remord ou d’opportunisme ?

L’esclavage formellement condamné depuis l’antiquité est, au 21ème siècle, toujours en activité. Ce pseudo droit de propriété d’un individu sur un autre est banni par la société… mais les droits des personnes qui en sont victimes ne sont pas toujours pris en considération. Le travail forcé, le mariage imposé, l’exploitation sexuelle, commerciale, les servitudes agricoles et financières sont aussi des formes d’esclavage.

L’esclave est un être humain transformé en produit et parfois même en animal par des individus peu scrupuleux, véritables gangsters bénéficiant souvent de protections à l’échelon supérieur.

Jusqu’au milieu des années 1800, des chasseurs d’esclaves se rendaient en Afrique comme de simples commerçants importateurs pour recruter de futures victimes d’un travail inhumain effectué en Amérique du Nord.

Il est possible de considérer comme esclaves les prisonniers de guerre devant exécuter un travail forcé dans des conditions pénibles sur le plan des horaires, de l’hygiène et de l’alimentation. L’esclavage a souvent touché les populations fragiles et en particuliers les enfants. Aujourd’hui encore beaucoup d’enfants sont enrôlés de force dans la construction, les travaux publics et le textile. De nombreuses jeunes filles séduites par des petites annonces alléchantes dans les journaux se sont retrouvées victimes de couples aisés qui les obligeaient à effectuer des tâches ménagères pendant les sept jours de la semaine avec des horaires allant parfois jusqu’à 14 ou 15 heures par jour sans bénéficier de salaires et de congés. Il faut aussi se méfier de ces propositions d’emplois d’hôtesse d’accueil, de secrétaire ou de maitresse de maison paraissant dans les journaux. Après avoir reçu le billet d’avion et être accueillie à l’aéroport, cette jeune fille va découvrir rapidement qu’elle changera de fonction et risque de se retrouver sur le trottoir ou auprès d’un homme peu scrupuleux qui après lui avoir confisqué son passeport, l’obligera à la prostitution. En dehors de l’esclavage domestique celui du monde agricole existe encore dans de nombreux pays de la planète. La principale plateforme africaine envoyant des esclaves en partance pour les États-Unis était l’île de Gorée en face de Dakar au Sénégal. Ces malheureux partaient par bateaux jusqu’aux Port de Bordeaux et de Nantes avant d’être évacués vers l’Angleterre et les États-Unis.

 

La plupart des Seychellois sont des enfants d’émigrés

 

L’esclavage a touché de nombreux pays africains et asiatiques. Plus récemment Daech, composé de terroristes notamment en Syrie et en Libye avait institué un marché de femmes esclaves et proposait des prix d’achat de petites filles pour une centaine d’euros et une femme âgée de vingt à quarante ans pour cents trente euros avec interdiction sauf pour les chefs d’en acheter plus de trois, ce qui est tout simplement ignoble. Aux États-Unis le problème de l’esclavage s’est dirigé progressivement vers le racisme ce qui prouve les éléments récents.

Dès 1848 le parlementaire Victor Schœlcher a réussi à faire adopter par l’assemblée nationale française un décret d’abolition en ce qui concerne l’hexagone et ses colonies. Houphouët-Boigny a lui réussit en 1946 à faire abolir le travail forcé.

Aux Seychelles la plupart des habitants sont des enfants d’émigrés. Nous rencontrons dans les rues des trois îles principales des personnes de toutes les couleurs allant du blanc laiteux au noir ébène. Les descendants asiatiques de Chine, du Pakistan, de l’Inde côtoient aussi des descendants d’esclaves ou de… « négriers » anciens commerçants d’êtres humains. Tout le monde s’entend de façon parfaite et nous n’avons jamais entendu parler de racisme ou de ségrégation. Les discriminations religieuses ou politiques sont absentes d’un pays admiré par de nombreux pays de la planète.

La charte internationale des droits de l’homme et le pacte international des droits économiques, sociaux et culturels ont été votés lors de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies le 30 septembre 1995. 132 États ont ratifié le texte. Parmi ces pays, les Seychelles ont adhéré à cette charte que l’on peut résumer et l’avoir à l’esprit à chaque instant en utilisant la première phrase de l’Article N°I. Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits !

 

Francis Herbet

 

 

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