Page spéciale météorologie : Les services nationaux de météorologie des Seychelles (SNMS) |26 August 2016
« Nous devons aller vers une science du climat »
Cette semaine, allons découvrir cette expertise précieuse au service de la population.
Prédire la pluie et le beau temps nécessite un niveau de technicité que les Seychelles appréhendent de mieux en mieux depuis ces cinq dernières années. Cet ancien département est devenu récemment une autorité avec sa propre direction générale. Il est rattaché au Ministère de l’Environnement, de l’Energie et des Changements Climatiques. Pôle porteur de multiples projets de développement, elle ne cesse d’évoluer, de se perfectionner et de se préparer à avoir un service moins dépendant de la zone et des grands pays autour.
Un point d’histoire
L’observation météorologique aux Seychelles a commencé en 1800. Il y avait une station qui transmettait les informations nécessaires, comme les vents et la température, aux bateaux allant accoster au Port de Victoria. Puis, en 1971, celle-ci est transférée à l’aéroport de Mahé. La station devient, ainsi, une station de surveillance, qui va s’étendre avec de nouvelles ressources et travaillera majoritairement pour le service de l’aviation civile des Seychelles.
Un département devenu une autorité
Depuis peu, le département météorologique est devenu une autorité à part entière avec son directeur général. Il continue de travailler pour l’aviation civile, mais aussi, aujourd’hui, pour la marine, l’agriculture, la pêche, la lutte contre les changements climatiques (…), voire pour toute la société seychelloise. Elle a même développé son propre service de technologies de l’information (IT) qui est très bien équipé.
Ces cinq dernières années, elle a connu un développement un peu plus prononcé. L’organisation météorologique mondiale (OMM ou WMO : World Meteorological Organisation) a investi en équipements, en technicité et en formation afin d’améliorer les services apportés aux Seychelles. De son côté, le gouvernement seychellois prend en charge toute la masse salariale.
« Nous avions un certain retard de développement. Avec une station automatique récente, nous pouvons mesurer la différence. Avec les enjeux liés au climat et au développement durable, nous sommes plus écoutés et soutenus. Notre budget a été multiplié par trois. Nous avons pu procéder à de réelles améliorations en termes d’équipements. Pour un petit état insulaire en développement (PEID), nous avons fait des progrès au niveau infrastructures et équipements. Nous sommes bien positionnés par rapport aux pays d’Afrique, par exemple.
Notre service fait face à des défis comme le changement climatique, la gestion de l’eau et les cultures agricoles sensibles. Nous devons aller vers une science du climat. Les décideurs du pays ont compris ce rôle clé de la météorologie aux Seychelles. A cette fin, ils ont pris les décisions appropriées avec une vision à long terme », a partagé le directeur général de la SNMS, Vincent Amélie.
Du changement avec une nouvelle stratégie
Le service météorologique des Seychelles est en train de revoir sa stratégie et est accompagnée par le service national de météorologie du Royaume-Uni (Met Office) pour sa nouvelle organisation. C’est un expert de cette institution reconnue qui y travaille. La réorganisation est complétée à 75 %, selon les propos de M. Amélie. « Il nous aide et nous apprend, également, comment trouver des systèmes de financement pour nos projets », a-t-il ajouté.
Et vos ressources humaines pour répondre à cette nouvelle organisation ?
« Nous avançons dans cette nouvelle organisation, néanmoins, il va nous falloir faire comprendre aux 34 personnes de notre structure que le système actuel ne répond plus à notre besoin pour continuer à progresser clairement. Les fonctions et les « packages » vont être revus. Des fiches de poste précises vont être définies. Nous pensons à notre personnel en place, mais aussi à nos futures recrues. Nous réfléchissons à des « packages » attractifs pour les meilleurs profils.
Cependant, nous restons réalistes, les ressources humaines sont limitées dans notre secteur d’activité. C’est bien là notre point faible. Nous devons perfectionner le niveau de nos prévisionnistes par rapport aux standards internationaux. Nous prévoyons des sessions pratiques et courtes pour les spécialiser. Notre montée en compétences permettra de moins faire appel aux expatriés (Nairobi, Chine, SBSA). Cela ne changera rien aux bonnes collaborations que nous avons avec ces pays. Nous recherchons des profils en mathématiques, physiques et chimie avec un « A » ou un « O-Level ». Au delà du savoir-faire, nous misons aussi sur le savoir-être, le comportement et l’attitude au travail sont aussi déterminants. Nous expérimentons que le changement de comportement est un processus long. En tout cas, nous devons travailler aussi au développement de notre communication interne et externe », a-t-il indiqué posément.
Un service IT performant avec son propre réseau de télécommunications
« Notre service météo, avec sa section IT, a un bon système de connexion. D’ailleurs nous faisons un travail de coopération avec le département information, communication et technologies du gouvernement, car nous avons de bonnes compétences en réseaux, télécommunications et satellites. Par exemple, nous avons développé un système propre de communication entre Praslin, La Digue, Mahé et Silhouette. C’est notre réseau sans fil entre nos différentes stations (ICTP). Nous avons des équipements et une fréquence approuvés par Cable & Wireless et avec nos antennes et nos répétiteurs, nous avons la connexion automatique sans fil. Nous ne passons pas par Internet. Ce qui nous rend, en partie, autonome avec notre propre système de réseaux. Tout ceci est rendu possible du fait que nous soyons une autorité au service de la population. Aussi, cela nous permet de collecter des informations nécessaires sur une grande partie des Seychelles. D’ailleurs, au mois d’août, nous allons recevoir des équipements complémentaires. Nous aurons un réseau de télécommunications encore plus robuste », a souligné M. Nelson Lalande, responsable du service technique de la SNMS.
SNMS au travers de quelques projets
- 2015-2016 : Télécommunications, la liaison point à point reliant Praslin, La Digue, Mahé et Silhouette ;
- Projets clés autour du changement climatique et du concept de l’économie bleue ;
- La station automatique AVIMET-AWOS (système automatisé d'observations météorologiques) est l’un des projets clés en cours démarré depuis 9 mois ;
- Mars 2016 : Système de prévisions océaniques en coopération avec l’Inde, installation de la bouée pour collecter les informations en 2016 ;
- Juillet 2016 : SNMS quitte le statut de département pour devenir officiellement une autorité ;
- Août 2016 : haute technologie et nouvelle stratégie pour la SNMS.




