Follow us on:

Facebook Twitter LinkedIn YouTube

Archive -Education

Recherche et éducation : les compétences non-académiques dans le secondaire |12 October 2016

Doit-on dispenser plus de savoirs ou de savoir-être ?

 

La semaine dernière, l’Université des Seychelles, via l’Institut Guy Morel, a lancé le projet de recherche-action pour améliorer l’école de secondaire de Rivière Anglaise dans sa globalité. Dans les objectifs, il était question d’améliorer les résultats académiques et non académiques des élèves. Penchons-nous cette semaine, sur ces compétences non-académiques.

Alors, attitudes ou compétences, voire les deux ?

Que l’on veuille ou pas, toute compétence a une composante non-académique a souligné Marie Duru-Bellat, sociologue spécialiste des questions d’éducation, chercheur et professeur à Sciences-Po, Paris.

Dans la « vraie vie », à quoi va vous servir la bonne formule mathématique si vous ne savez pas quand vous en servir et comment la partager avec d’autres pour résoudre un problème professionnel et technique ? Et la communication ? Et la gestion des conflits ?  L’explication et la pédagogie ?

Et bien, je ne l’ai pas appris, me diront certains…Cela vient questionner tout un système éducatif, peut importe le pays où il est mis en œuvre ? Tout est centré sur des savoirs hiérarchisés et quid de la place de l’humain ? Peut-être que ce jeune qui échoue dans une matière littéraire, en cours classique, ferait un bon soignant avec une approche, un don pour l’empathie et l’écoute ? A quel moment cela est-il valorisé lors des programmes scolaires ? Peu ou prou…

D’ailleurs, des enquêtes PISA, lancées en 2000 auprès des jeunes de 15 ans, ont mis l’accent sur la notion de compétences pour la vie, les fameuses « skills for life » que chaque jeune devrait avoir au sortir de l’école obligatoire, censées valoir pour tous les pays. L’importance de qualités telles que l’adaptabilité, la faculté de communiquer ou de faire preuve d’initiative, sont mis en exergue et répondent à des besoins de l’économie. Sauf que l’économie d’aujourd’hui n’est pas celle de demain ?

Etre utile à l’économie ? Est-ce le bon moyen de choisir ses futures études ? Aux Seychelles, le « méritocratique » est à l’honneur, les parents font tout pour que l’enfant soit le meilleur… le meilleur pour qui et pourquoi ? Lui a-t-on posé la question, et toi, dans ta future vie, souhaites-tu développer l’indépendance de l’esprit ? Ton imagination, ta créativité ou ton intelligence émotionnelle (notre article précédent) ? Quel parent, aujourd’hui, s’aventurerait à poser ces questions ? D’abord, du « tout intellectuel », ensuite, tu verras pour la « vraie vie » ?

Maman, papa, ma vraie vie commence, ici, à l’école, alors pourquoi mon école ne me comprend pas ? Suis-je si différent ?

L’école secondaire de Rivière Anglaise a emboîté le pas avec l’Université des Seychelles, et tous les partenaires impliqués, pour essayer de construire cette école qui répondrait aux besoins de l’élève, des parents et finalement de toute une nation. Le profit et l’utile, oui, pourquoi pas ? Mais à une échelle transversale, où en tant qu’élève, je suis capable de bien communiquer, d’exprimer respectueusement mon avis, d’analyser une émotion qui me traverse, de défendre une opinion, de respecter le vivre ensemble, des valeurs et un savoir-être qui me serviront toute la vie…

 

 

 

» Back to Archive